A quai.
Depuis le premier juillet 2004,chaque bagage déposé dans le train doit comporter de manière visible le nom et le prénom du voyageur.
Je n'ai ni bagage,ni titre de transport.J'ere de gare en gare,depuis des heures,épousant ma prochaine destination comme port d'attache éphemère.Tout à commencé quand.
J'ai décidé de ne plus payer la sncf,et qu'elle me l'a bien rendu.Montpellier,jour,aurevoir,je t'aime,moi aussi,dernière cigarette;Puis se moquer des couples qui s'enlassent au claquement définitif des portes.
Evidemment je ne suis pas dans le bon train,mais je ne le sais pas encore.Marseille,les controleurs montent,la logique des choses voudrait que je descende à l'arret d'après,mais mes jambes tremblent,je ne bouge pas.La boite des retranchés sans sièges s'emplie,et ça sent les toilettes.Bouchées.Le train démarre,je demande innocemment où on va,on me répond nice,alors,que faire dans ce genre de situations?
Plusieurs possibilités s'offrent à moi,appuyer sur le boutton d'arrêt d'urgence,ou courrir voir les controleurs pour leur demander gentiment de me faire descendre alors que je suis dans l'illégalité la plus certaine.Donc,je cours,donc,ils me demandent mon billet,donc je ne l'ai pas,donc je suce le mec dans son bureau. Non,je repaye juste mon billet,parce qu'ils sont gentils et que j'ai l'air bête et perdue. Je regarde donc les paysages defiler,m'éloignant de mon but ultime,rentrer chez moi.J'ai payé un billet qui m'emmene là où je ne veux pas aller,je trouve que mes tentatives de fraudes se terminent particulièrement mal.
Au début,forcément,on s'enerve et on gesticule,puis la haine de la rage laisse place à l'ébauche d'un sourire.Un type me propose des BN,je ne sais pas où je suis,il est,je ne sais même pas l'heure qu'il est enfait,mon portable est déchargé.Mais il fait nuit.Et ça tombe très mal parce que je devais impérativement envoyer mon book aux agences ce soir.Je n'ai plus d'argent.J'ai la faculté de faire abstraction de toutes les situations merdiques dans lesquelles je me met.
Malgré les 4 énormes rats qui viennent de passer entre mes pieds,parce que je suis dans la ville la plus sale de France,et que deux connards m'ont pris pour une prostipute,je suis heureuse. Je suis un sac vide et incertain,au sourire empli de jolies images.Ciel bleu et nuages battus en neige,accordéon,j'en ai oublié qu'elle m'attendait pour le ptidej'.Elle a du se resignée à se lever sans moi je suppose.
La prochaine fois je mettrais mes étiquettes sur les sacs,et je ferais tout bien comme il faut,promis.craché.